Le 18 juin, le gouvernement a présenté son projet de réforme de l’assurance chômage. Les nouvellesrègles annoncent déjà une véritable catastrophe sociale. Aujourd’hui, moins d’un∙e chômeur∙e sur deux estindemnisé, et plus de 6,5 millions de chômeur∙es et précaires sont inscrits à Pôle emploi, soit 25 % de lapopulation active. Mais la nouvelle réforme va encore aggraver la situation, et faire peser davantage le poids de lamisère et de la culpabilité sur les plus démuni∙es. 

Les conditions d’accès à l’assurance chômage vont être rendues plus difficiles par la modification de ladurée d’affiliation. Il faudra bientôt avoir travaillé 6 mois sur une période de 24 mois au lieu de 4 mois sur une  période de 28 mois. Cette seule réforme va exclure de l’assurance chômage plusieurs centaines de milliers de  salarié∙es  parmi  les  plus  précaires.  Les  jeunes  vont  être  massivement  touchés,  retardant  encore  l’accès  à  l’indemnisation et excluant du chômage ceux qui travaillaient pendant la période estivale.  

LES PRÉCAIRES, PRINCIPALES VICTIMES DU PROJET

Lors de son discours de politique générale, prononcé mercredi 12 juin à l’Assemblée nationale, EdouardPhilippe a annoncé vouloir mettre fin à des « situations où le montant de l’allocation mensuelle du chômage est  supérieur au salaire mensuel moyen perçu ». Cette déclaration du Premier ministre est bien sûr un mensongeéhonté régulièrement dénoncé par les organisations de chômeur∙es et les syndicats de salarié∙es de Pôle emploi.  Mais il annonçait en réalité la volonté de revenir sur les règles de calcul des allocations. 

Et en effet, la réforme prévoit de baisser les allocations mensuelles en prenant en compte l’intensité dutravail sur l’ensemble de l’année, et de plafonner les allocations en cas de cumul. Ces règles vont évidemment  toucher les salarié∙es les plus précaires qui enchaînent les contrats courts et les temps partiels.  Quant à la durée de travail nécessaire pour qu’un∙e chômeur∙ e puisse recharger ses droits, elle va êtrealignée sur la nouvelle durée d’affiliation, passant de un à six mois. Cela revient précisément à annuler le  principe même de rechargement des droits. 

Le gouvernement a aussi annoncé le projet démagogique d’une dégressivité des droits sur les indemnitésles plus élevées. En faisant mine de jeter l’opprobre sur les salarié∙es les mieux indemnisé∙es, il réintroduit le  principe de dégressivité qui risque de se généraliser ensuite à l’ensemble des chômeur∙es et précaires.    Comme d’habitude depuis le début du quinquennat, le gouvernement s’en prend aux plus fragiles. Cetteréforme a comme principal objectif de réaliser l’ensemble des 3,5 milliards d’économies annoncés sur les dos des  précaires ; elle va toucher plus durement les femmes et les jeunes, principales victimes du temps partiel subi et  des contrats courts.

CONTRE CETTE POLITIQUE VIOLEMMENT ANTISOCIALE, NOUS EXIGEONS :

  • L’indemnisation de toutes les formes de chômage,
  • l’augmentation de 10 euros par jour de l’ensemble des allocations,
  • l’arrêt des contrôles et des sanctions sur les demandeurs d’emploi, 
  • la baisse des loyers et l’augmentation des APL. 
Collectif-Unédic-La-réforme-de-trop-190619V2